La Fête de la Main

Haut la Main !


Cet événement commémore un fait unique en Belgique.
En effet, Dottignies est une des rares communes au monde qui arbore sur son clocher une main au lieu du coq traditionnel. Jusqu'ici, nous n'avons aucun document qui permette d'en expliquer la présence. Ce "mystère" donne ainsi libre cours à certaines hypothèse, certaines aussi fantaisiste que gratuite.


En voici une :
"La Flandre mystérieuse" de M. Saint-Hilaire [il a écrit : (1975), qui nous fait faire un bond dans le temps jusqu'en 1319][...] Le 20 août de cette année-là, Robert de
Béthune, comte de Flandres, fut contraint de signer la paix à la commanderie de Saint-Léger et d'abandonner au roi de France les villes de la Flandre wallonne. Le comte, qui avait regagné Dottignies, ne put supporter de voir le coq, dont le nom latin veut à peu près dire "France", briller au sommet de la tour qui sonnait le glas des bonnes villes du sud. Il fit monter un couvreur pour remplacer le gallinacé par une énorme main coupée.
On tranchait autrefois les mains des voleurs et le roi de France venait de lui voler la moitié de son "comté".
[...]
L'origine et la signification de cette "MAIN" ont toujours intrigué les Dottigniens et restent assez mystérieuses parce qu'il n'existe aucun acte (écrit) officiel à ce sujet.


D'après des récits oraux, les historiens qui se sont intéressés à la MAIN, racontent :
"Le 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire français déclare la guerre à l'Autriche et ses armées attaquent notre pays. Le 9 juin 1792, les troupes impériales viennent camper à Dottignies qu'elles quittent bientôt pour y revenir le 15 du même mois. Profitant du départ des troupes alliées, des brigands révolutionnaires font de fréquentes incursions dans notre région proche de la frontière et en avril 1793, ils pénètrent à Dottignies et terrorisent la population. Ils saccagent l'église, brisent la cloche et enfin menacent de brûler l'église. C'est alors qu'intervient un notable de la commune, Nicolas Liagre. Celui-ci propose aux brigands une somme de 100 couronnes en échange de leur départ et de leur promesse de ne pas incendier l'église. C'est pour fixer cet accord que l'on pose alors sur l'édifice ainsi sauvé, une main, symbole de fraternité (que les Révolutionnaires français réclament chez eux au cri de LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ). La MAIN est rapidement et grossièrement découpée dans une plaque de cuivre et placée au sommet du clocher. Il est utile de signaler qu'à cette époque de troubles, un tel symbole est plus significatif qu'un acte écrit. Pour la petite histoire, il faut noter que, quelques années plus tard, en 1796, sous l'occupation française, Nicolas Liagre fut désigné comme "maire" de Dottignies."

 


Représentation d'une ancienne main, symbole de Dottignies


Aujourd'hui, cette main est devenue un symbole de fraternité. C'est ce message que les dottigniens vous transmettent encore chaque jour.


Un peu d'histoire…


On ne connaît pas les origines exactes de la fête de la main. Toutefois, en remontant au moyen-âge, on retrouve des traces des premiers marchés aux alentours de Dottignies, à Courtrai, Tournai, et plus tard à Mouscron. La difficulté communications rendait rare et onéreux le déplacement des hommes et des choses.
Il fallait, pour qu'ils pussent se rencontrer, instaurer des occasions propices aux rencontres. Ainsi allait-on créer les premières kermesses de Dottignies.
Celles-ci permettaient aux familles de se rencontrer, à lier de nouvelles connaissances. On y traitait des affaires familiales, des ventes, des baux. Des mariages s'y préparaient. De nombreux ouvriers y trouvaient du travail. Là aussi, on vendait toutes espèces de marchandises et de bestiaux. On y achetait vêtements,
denrées, objets de ménages, … La kermesse annuelle était prévue au lendemain de la Fête Dieu. Une seconde kermesse était célébrée plus calmement le troisième dimanche de septembre. En 1825 l'administration communale décida d'y tenir une foire. Les différentes évolutions de cette kermesse ont donné le jour à la Fête de la Main. Celle-ci existe sous sa forme définitive maintenant depuis 22 ans.


La main au panier…


La grande sortie des "Gilles de la Main"
Une année ! Des mois entiers ! Des semaines ! Et maintenant plus que quelques jours avant le grand rendez-vous annuel. Pour les Gilles de la Main, le troisième week-end de septembre revêt d'une importance primordiale. Pour rien au monde cette vingtaine de familles dottigniennes ne manqueraient l'événement. Il faut dire que depuis neuf ans aujourd'hui, on imagine mal la Fête de la Main sans ses Gilles.


Parti sur une discussion de comptoir, ce groupe a vu le jour sur l'initiative de deux dottigniens que des souvenirs d'enfance ont vite fait de réveiller leur envie de fête. Très vite, une dizaine d'amis, exclusivement issus de Dottignies, ont rejoint le groupe. Deux seules sorties annuelles sont prévues : l'une le premier week-end d'août au quartier du cimetière de Dottignies pour les Soumonces, l'autre, l'apothéose, pour la Fête de la Main. Cette deuxième sortie commence dès le vendredi, où les Gilles conçoivent leur bosse. Un travail de patiente... Le samedi, le réglage des traditionnels chapeaux à plumes, arrivés en droite ligne de Binche, occupent une bonne partie de la Journée, tandis que le président s'affaire à la création du mannequin.


Dimanche. Lever dès l'aube… Habillage… Enfin vers 6h30, la tournée commence… Les percussions roulent déjà des mécaniques…. Les premiers Gilles montrent leur nez… Un… deux… trois… cinq… dix… Bientôt la vingtaine de Gilles, arrivant de toutes parts, se rencontrent dans leur local, le Dotto, où les attendent les
cuivres. Le groupe est alors au complet. Après un petit verre bien convivial, les voilà partis… Sabots claquetants et clochettes résonnantes réveillent gaiement les dottigniens.


Ensuite, tous se rendent au repas de midi, histoire de prendre des forces pour l'après-midi. Vers 16 H, le ventre plein, les Gilles prennent leur place au départ du cortège. Attention livraison ! Près d'une tonne deux cents d'oranges seront distribuées tout au long du cortège, vers 18h30. Enfin, vers 20h30 tous se donnent une dernière fois rendez-vous sur la place de la Main pour le rondeau final et la superbe feu d'artifice qu'ils offrent maintenant depuis quatre ans. Sans oublier le traditionnel brûlage du
Gilles qui clôt ainsi un week-end de fête. Et déjà, le lundi, à l'heure des bilans, on se retrouve autour d'une bonne table, l'occasion de lancer le compte-à-rebours jusqu'à leur prochaine sortie… Une année… des mois… des semaines...

2 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Date de dernière mise à jour : 22/06/2015